Objet: Après l’énorme succès obtenu en 2011 par le cours sur les représentations de la justice, cette rencontre d’étude veut offrir une nouvelle opportunité de réflexion sur le rôle de la juridiction dans la société moderne, à travers le miroir constitué par la chronique judiciaire et, en général, par la représentation médiatique des procès et par la contribution des arts (cinéma, théâtre et littérature).
On compte à nouveau affronter le thème des représentations de la justice sous trois aspects différents: celui offert par la chronique judiciaire, celui constitué par la représentation médiatique des procès et enfin, la justice au cinéma, dans la littérature et dans les feuilletons télévisés.
Le premier niveau concerne les problèmes relatifs à la reconstitution journalistique des procédures en cours: déformations de la chronique, violations du secret de l’enquête, exagérations de l’importance de certains résultats de l’enquête, campagnes de presse promouvant l’innocence ou la culpabilité, enquêtes journalistiques.
Le deuxième niveau traite de la tendance de plus en plus fréquente à faire des mass-médias – et en particulier la télévision – le lieu de prédilection de déroulement d’un procès parallèle à celui institutionnel. Un procès que l’opinion publique a tendance à percevoir comme étant plus immédiat et digne de foi et, de ce fait, plus en mesure de se rapprocher de la vérité que celui juridictionnel – alourdi par des entraves formelles et par des usages peu compréhensibles du grand public.
L’analyse de la représentation des organisations criminelles et des structures judiciaires qui luttent contre la mafia revêt un grand intérêt, en se référant notamment aux modalités des diverses expressions narratives qui racontent les méfaits et les mafieux : du risque de créer des modèles déformés, à la possibilité de diffuser une plus grande connaissance civile sur les destinataires des messages médiatiques à large échelle. Dans ce contexte, il est important, même pour les magistrats, de réfléchir sur la perception de ces représentations de la part du public, en signalant également qu’il existe le danger que certains films et feuilletons télévisés peuvent enclencher des mécanismes d’identification.
Objectifs: avant tout, vérifier – à travers l’apport de journalistes, metteurs en scène, scénaristes et écrivains – comment et pourquoi change (et a changé) la perception du procès et du travail du juge pénal au sein de la société. Ensuite, réfléchir aux conditionnements que cette perception entraîne sur la façon dont le magistrat exerce son rôle institutionnel, ainsi que sur la valeur “démocratique” et institutionnelle que la collectivité donne à la fonction juridictionnelle.
Cette réflexion semble d’autant plus nécessaire par rapport aux polémiques retentissantes qui accompagnent souvent les demandes d’enquêtes judiciaires, vis-à-vis desquelles le magistrat – que ce soit le juge ou le ministère public – semble avoir perdu cette aura de neutralité et de distance des faits qui a toujours caractérisé le concept d’impartialité, de défense de l’indépendance de la juridiction.
Structure et méthodologie: Tout d’abord, nous proposons un réexamen critique des normes avec lesquelles le système judiciaire entend rechercher le point d’équilibre entre les exigences de la confidentialité du procès et la transparence par rapport à la manière dont la justice est rendue, en soulignant que les limites données à la possibilité de divulguer des actes du procès doivent se fonder sur la sauvegarde d’intérêts importants au niveau constitutionnel. Le cours veut donc examiner – avec des “techniciens” du secteur – les modalités avec lesquelles les procès et les magistrats sont traditionnellement représentés, en analysant les parcours non uniformes de cette représentation et les motifs à la base de ces choix.
La méthodologie se servira aussi de relations non traditionnelles qui se pencheront sur l’examen concret des différentes perceptions de la juridiction, même à travers la projection de films.
Destinataires: Magistrats de la légalité et du fond, du Siège et du Parquet. L’initiative est ouverte à la participation d’avocats inscrits au barreau.